En à peine six mois, les compagnons du chantier ont assisté à une scène saisissante : dans cet immense cylindre de la gare en construction sont passés deux tunneliers, Allison puis Amandine, le premier piloté par le groupement Godin Vinci sous la houlette de la maîtrise d’ouvrage de la RATP, le second par le groupement CAP emmené par Vinci Construction et SPIE, pour la maîtrise d’ouvrage de la Société des grands projets. « Derrière ces images qui resteront gravées dans l’histoire de ce chantier titanesque se cache une prouesse technique incomparable, décrypte Guillaume Pons. Et derrière cette prouesse, il y a une articulation millimétrée des maîtrises d’ouvrage, qui ont travaillé main dans la main. Ce chantier est emblématique de la capacité de gérer des interfaces nombreuses dans le cadre de travaux éminemment complexes. Il est à ce jour l’une des plus belles vitrines du savoir-faire des équipes de la Société des grands projets. »
Le défi de l’accélération
Cette collaboration exemplaire entre deux maîtres d’ouvrage a été sans nul doute la clé de la réussite pour atteindre un objectif déterminant : faire en sorte que la gare, qui dépend de la ligne 15 Sud du Grand Paris Express, soit ouverte dans la foulée de la mise en service de la ligne 14. Cette accélération du calendrier a mobilisé tous les acteurs impliqués dans ce chantier.
Ainsi, la conception du fût central de la gare a dû être modifiée par rapport aux études initiales, tout comme celle du pont-cadre prévu pour le croisement des deux tunneliers. « Nous devions impérativement finir les opérations de terrassement pour permettre l'arrivée du tunnelier Allison, insiste Guillame Pons. En changeant la conception de ces deux ouvrages, nous avons pu booster le planning travaux. » C'est ainsi que le premier tunnelier, une machine de 1.000 tonnes, a fait son entrée dans le vide et a traversé la gare sur ce pont provisoire en béton armé. Pont qui a ensuite été relevé de deux mètres pour supporter les rails de la ligne 14. Un vrai tour de force.
La gare a pu jouer son rôle de puits de secours dès juin 2024 et ainsi permettre l’ouverture de la ligne 14 pour les Jeux Olympiques et Paralympiques.
Mais afin d’honorer ce rendez-vous, la Société des grands projets devait résoudre une autre équation. Pour fonctionner, la gare devait initialement disposer d’équipements de supervision normalement hébergés au poste de commandement centralisé de Champigny, prévu sur la ligne 15 Sud. Celle-ci n'étant pas mise en service en même temps que la 14, il a fallu créer un poste de supervision autonome complet directement dans la gare.